Atelier d'écriture
Association Base Arts
Millau
Vous trouverez ici les consignes et textes des ateliers
"-Quels géants ? dit Sancho.

-Ceux que tu vois là, répondit son maître, aux longs bras et d'aucuns les ont quelquefois de deux lieues.

-Regardez, monsieur, répondit Sancho, que ceux qui paraissent là ne sont pas des géants, mais des moulins à vent
et ce qui semble des bras sont les ailes, lesquelles, tournées par le vent, font mouvoir la pierre du moulin.

-Il paraît bien, répondit don Quichotte, que tu n'es pas fort versé en ce qui est des aventures : ce sont des géants, et si tu as peur, ôte-toi de là et te mets en oraison, tandis que je vais entrer avec eux en une furieuse et inégale bataille ».
Don Quichotte 1605 chapitre VIII Miguel de Cervantes
Le portrait destiné à nos amis sculpteurs ou modeleurs

Marie est assise sur une chaise en bois. Elle a les jambes et les sabots serrés sous sa longue jupe noire en taffetas. Le corsage blanc ne relève pas l'ensemble et pourrait donner à Marie un air strict. Seul le fichu couleur de blés mûrs qu'elle a noué derrière la tête en laissant échapper quelques boucles, adoucit le personnage. Marie a la tête baissée, mais elle ne regarde pas ses mains usées par le travail, qu'elle a jointes sur son tablier gris qui se remarque à peine sur sa jupe. Son visage est strié de rides, mais ce ne sont pas toutes les mêmes. Il y a celles qu'ont toutes les femmes de la campagne qui ont passé leur vie aux champs, sous les rayons du soleil. Et puis il y a celles plus profondes qui n'appartiennent qu'à Marie , celles autour des yeux, causées par les larmes de ses grands chagrins : la perte de son premier bébé, puis le départ d'Anatole, son fils, après une dispute avec le père. Marie est une femme de la campagne, âgée, mais curieusement, sa peau est restée lisse entre ses sourcils. Car Marie a été toute sa vie un rayon de soleil et ses sourcils ne se fronçaient jamais. On entendait son rire du matin jusqu'au soir. Au crépuscule de sa vie, elle est dans une position d'acceptation, traduite par sa tête baissée mais ses yeux sont tournés vers le ciel. Ses yeux malicieux sourient à sa vie qui n'a pas toujours été facile mais qu'elle ne regrette pas et qu'elle a tout de même aimée.

Claudy

Le portrait destiné à nos amis sculpteurs ou modeleurs

Marie-Claude F


Marie est assise sur une chaise en bois. Elle a les jambes et les sabots serrés sous sa longue jupe noire en taffetas. Le corsage blanc ne relève pas l'ensemble et pourrait donner à Marie un air strict. Seul le fichu couleur de blés mûrs qu'elle a noué derrière la tête en laissant échapper quelques boucles, adoucit le personnage. Marie a la tête baissée, mais elle ne regarde pas ses mains usées par le travail, qu'elle a jointes sur son tablier gris qui se remarque à peine sur sa jupe. Son visage est strié de rides, mais ce ne sont pas toutes les mêmes. Il y a celles qu'ont toutes les femmes de la campagne qui ont passé leur vie aux champs, sous les rayons du soleil. Et puis il y a celles plus profondes qui n'appartiennent qu'à Marie , celles autour des yeux, causées par les larmes de ses grands chagrins : la perte de son premier bébé, puis le départ d'Anatole, son fils, après une dispute avec le père. Marie est une femme de la campagne, âgée, mais curieusement, sa peau est restée lisse entre ses sourcils. Car Marie a été toute sa vie un rayon de soleil et ses sourcils ne se fronçaient jamais. On entendait son rire du matin jusqu'au soir. Au crépuscule de sa vie, elle est dans une position d'acceptation, traduite par sa tête baissée mais ses yeux sont tournés vers le ciel. Ses yeux malicieux sourient à sa vie qui n'a pas toujours été facile mais qu'elle ne regrette pas et qu'elle a tout de même aimée.







Le personnage : au fil du temps
Monique

Je la croisais sur le chemin des jardins. Elle avançait d’un pas décidé, vêtu d’une robe fleurie , tablier noué , chapeau tordu, sur sa hanche un panier que contenait il ?
Elle avait l’air pressée .Arrivée à ma hauteur elle me salua, enjouée et rieuse ,joues rosées,sourire éclatant….Fermière ,bergère, lingère ?!
Je jetais un coup d’œil vers son panier..juste une serviette à carreaux le recouvrait plutôt bombé le contenu ! Mais elle le portait avec légèreté .Sa main passée sous la anse le tenait fermement .Je lui aurais bien donné la cinquantaine.
Je la suivis des yeux, elle dansait en marchant, le nœud ruban de son tablier volait au vent ; jambes nues dans ses espadrilles colorées. De son chapeau une tresse épaisse s’étalait dans son dos terminée par un nœud de satin rouge.
Sa main gauche se balançait au bout de son bras doré.
Elle se retourna, me regarda me sourit et agita sa main, elle posa et repris son panier .Etait il lourd ? ou bien son bras « s’endormait ».D’un pas pressé elle marcha, ses hanches larges soulignées par une taille fine ondulaient.
Elle était sur le chemin des jardins mais à la bifurcation, il y avait le lavoir et plus loin sa ferme : son poulailler, ses poules et lapins….pour qui le contenu du panier !?

Monique

Pour nos ami e s modeleurs

Joëlle


Léonie

n’en revenait pas. Sur le dessus de sa main s’était posé un papillon. Un grand papillon. Un très grand papillon. Un papillon qui faisait au moins trois sa main. Elle sentait le picotis subtile de ses deux pattes, menues et frêles, comme un fourmillement tout doux. Ses ailes étaient de la couleur des narcisses du printemps, un blanc séduisant, celui qui invite à l’imagination. Elles avaient la forme des ailes de papillon, bien sûr, elles étaient striées par de fragiles traits noirs qui s’étendaient en diagonale. Pas des traits tout droit, plus comme une dentelle tout en petites courbes qui suivaient le contour des ailes. Entre les lignes des tâches rondes jaune clair cerclés d’une corolle orange. Un dessin de vitrail, pensa t-elle. Porté par la brise, le papillon berçait ses ailes de manière irrégulière, les refermait, les rouvrait, délicatement, puis, il ne bougea plus. Il s’était sans doute décidé à les tenir légèrement écartées.

Léonie l’observait émerveillée, flattée d’être l’élue. Un sourire à peine dessiné sur ses joues rondes, et ses lèvres en forme de la surprise du « oh ! ». Elle avait posé un pied sur un rocher pas très haut, sa main appuyée contre sa cuisse, et s’était penchée pour mieux observer une fleur inconnue d’elle, une fleur des champs, toute rose et menue. Et c’est alors que le papillon narcisse était apparu. Elle avait alors tendu son bras vers lui et il s’était posé sur le haut de sa main !

Elle distinguait son corps velu de la couleur des troncs des bois et ses deux antennes tendues. Elle n’osait plus bouger et restait dans cette position, ses cheveux ondulés au vent, sa frange dans les yeux, sa robe qui semblait ondoyer dans les chants du chemin, « oh, oh, oh !!! ».



… pour les sculpteurs,

un geste

Jean-Claude


C’était toujours de sa main gauche parce que dans ces cas-là, il préservait sa main droite pour, à chaque besoin, prendre le verre de sa lampée de vin rouge. Mais n’allez-pas vous imaginer des choses ; ce vin-là c’était à peine du 8 degrés 5 les meilleures années et pour des gaillards de cette trempe, forçats des travaux des champs, il en aurait fallu plus pour parler d’ébriété, même si en effet ces lampées successives aidaient à l’animation du verbe.

Et c’est vrai, ce geste qu’il faisait donc de la main gauche ponctuait ses envolées de tribun d’opérette à l’ascension des repas de batteuse, obtenant alors les rires approbateurs d’une assemblée acquise à ses gesticulations, ou bien, lors des repas de famille, où il s’attirait au contraire l’indignation de quelques bégueules qui ne supportaient plus ces tirades obsessives.

Car le geste, ample et net, accompagnait le plus souvent une diatribe – qui- allez savoir pourquoi- s’en prenait aux gendarmes ! Il s’agissait de vouer cette engeance malfaisant décrite au travers des méfaits qu’elle inflige aux pauvres gens, qui, eux, vivent de leur travail et non pas d’exactions ou d’abus d’autorité ou que sais-je encore…

Il vous faut l’imaginer alors, assis, à la tablée d’une vingtaine de convives, l’œil bleu animé, ayant quitté le béret, le cheveu aplati par la transpiration de toute la matinée, les manches relevées et de cette main puissante, doigts tordus, ce geste de haut en bas mais dévié de droite à gauche en diagonale, comme pour bien supposer le biseau du couperet de guillotine nécessaire à l’anéantissement des CRS !

Le geste de Paul, l’anarchiste pourtant solide propriétaire terrien et parfaitement inoffensif dans son quotidien, l’anarchiste attendu et prisé – mais pour en rire- de ses compagnons de tablée de batteuse ou de repas de chasse.

Jean-Claude

UN PERSONNAGE…À SCULPTER?
Jean-Christophe

Téhéran. janvier 2026, les étudiants ont déserté les cours. Ils marchent et chantent leur soif de liberté. Face à eux, un cordon de policiers, surarmés. Les fusils sont pointés en leur direction, ils leur barrent le chemin. S’extrayant du groupe des manifestants, un jeune homme s’approche. Il n’a pas vingt ans. Il leur fait face maintenant. Frêle, plutôt petit, c’est pourtant un géant. Dans son regard, une calme détermination. En cet instant, parfaitement alignées, sa vie et ses convictions. Il se tient droit. Il est la force. Dans sa main gauche, le bouquet de fleurs qu’il voulait offrir à sa fiancée, dans la droite , un livre de poèmes d’Omar Khayyam. Il fixe tranquillement le gardien qui lui fait face. Il lit la haine dans ses yeux. Il sait qu’il va mourir. Mais aujourd’hui, il n’a plus peur.
Le Personnage À Sculpter
Nicole
Personnages Consignes