Pour nos ami e s modeleurs
Joëlle
Léonie
n’en revenait pas. Sur le dessus de sa main s’était posé un papillon. Un grand papillon. Un très grand papillon. Un papillon qui faisait au moins trois sa main. Elle sentait le picotis subtile de ses deux pattes, menues et frêles, comme un fourmillement tout doux. Ses ailes étaient de la couleur des narcisses du printemps, un blanc séduisant, celui qui invite à l’imagination. Elles avaient la forme des ailes de papillon, bien sûr, elles étaient striées par de fragiles traits noirs qui s’étendaient en diagonale. Pas des traits tout droit, plus comme une dentelle tout en petites courbes qui suivaient le contour des ailes. Entre les lignes des tâches rondes jaune clair cerclés d’une corolle orange. Un dessin de vitrail, pensa t-elle. Porté par la brise, le papillon berçait ses ailes de manière irrégulière, les refermait, les rouvrait, délicatement, puis, il ne bougea plus. Il s’était sans doute décidé à les tenir légèrement écartées.
Léonie l’observait émerveillée, flattée d’être l’élue. Un sourire à peine dessiné sur ses joues rondes, et ses lèvres en forme de la surprise du « oh ! ». Elle avait posé un pied sur un rocher pas très haut, sa main appuyée contre sa cuisse, et s’était penchée pour mieux observer une fleur inconnue d’elle, une fleur des champs, toute rose et menue. Et c’est alors que le papillon narcisse était apparu. Elle avait alors tendu son bras vers lui et il s’était posé sur le haut de sa main !
Elle distinguait son corps velu de la couleur des troncs des bois et ses deux antennes tendues. Elle n’osait plus bouger et restait dans cette position, ses cheveux ondulés au vent, sa frange dans les yeux, sa robe qui semblait ondoyer dans les chants du chemin, « oh, oh, oh !!! ».
… pour les sculpteurs,
un geste