Atelier d'écriture
Association Base Arts
Millau
Vous trouverez ici les consignes et textes des ateliers
"-Quels géants ? dit Sancho.

-Ceux que tu vois là, répondit son maître, aux longs bras et d'aucuns les ont quelquefois de deux lieues.

-Regardez, monsieur, répondit Sancho, que ceux qui paraissent là ne sont pas des géants, mais des moulins à vent
et ce qui semble des bras sont les ailes, lesquelles, tournées par le vent, font mouvoir la pierre du moulin.

-Il paraît bien, répondit don Quichotte, que tu n'es pas fort versé en ce qui est des aventures : ce sont des géants, et si tu as peur, ôte-toi de là et te mets en oraison, tandis que je vais entrer avec eux en une furieuse et inégale bataille ».
Don Quichotte 1605 chapitre VIII Miguel de Cervantes

Avec phrase de départ imposée

"S’il était une chose dont il était
encore capable à 53 ans..."

S’il était une chose dont il était encore capable à 53 ans , c’était d’écrire. Chaque matin, après son café, il s’asseyait devant son ordi près de la fenêtre. Il pouvait voir la ROUTE de la mairie et deviner le temps qu’il faisait dehors, selon l’habillement des passants. « Bientôt l’hiver, pensa-t-il. La mairie va encore me REQUISITIONNER pour entretenir les parcs ! » C’était sa spécialité de jardinier.
Dans son enfance, il vivait dans une ferme et s’occupait du BÉTAIL, donnant le foin, lavant l’étable. Des journées ORDINAIRES de paysan. Bien contestées par son fils depuis qu’il est devenu lycéen.
La CAFETERIA à l’angle de la rue était toujours pleine. Il y allait souvent après ses 4 heures d’écriture, boire un verre et bavarder avec les clients. Il critiquait tout, sauf ses parents. Il n’était pas un enfant INGRAT et reconnaissait la valeur de tout ce que ses parents lui avaient appris. Il se souvenait surtout de sa mère, bien habillée le dimanche pour aller à la messe, portant son COLLIER de perles de jade. Comme elle était belle ! Le soir venu, quand elle le bordait dans son petit lit au grenier, venait le moment des CHUCHOTEMENTS. Son père ne devait pas entendre leurs secrets ni suspecter sa tendresse envers son fils. Il était trop jaloux et violent. Quand il montait en HALETANT les escaliers pour aller se coucher, sa mère se taisait et redescendait vite au 1er étage. Un jour, son père se fit écraser au CARREFOUR du village. Quel SOULAGEMENT ! Etait-il un mauvais fils pour autant ? Il voulait écrire sur cette enfance, se raconter pour mieux se comprendre.
A la VITESSE d’une tortue, il tapait sur son clavier des phrases bien réfléchies, qu’il corrigeait aussitôt. Il avait oublié l’histoire et la GÉOGRAPHIE, les maths et les sciences, mais pas le français dont les mots chantaient à ses oreilles d’immigré bien intégré. Son origine le TROUBLAIT quand même : Sa mère était arrivée en France, jeune portugaise de 15 ans, pour faire les vendanges en été. Elle y était restée pour se marier. Son INSTINCT d’enfant lui avait fait comprendre qu’il ne fallait pas en parler, comme si c’était une tare ou un défaut.
La seule chose qui le reliait désormais à son père était un vieux MAILLOT de foot , offert à ses 16 ans. Il ne ressentait aucun regret.

Maïté

Rallye Des Mots Mars Joëlle
Rallye de mots
Les Mouettes Sylvie
15 10 2025

Texte rallye 15 10 2025


L’automne est là, vraiment là, éclatant : un tunnel de saison à traverser. La secrétaire se doute t’elle de sa beauté dans son bureau ? elle déverse ses mots sur son clavier, mots incendiaires parfois ou pensées qui allument cette saison. Déraper ses doigts sur le papier à l’intitulé d’un commerce, d’un client, d’une entreprise … Tant de dossiers irrésolus ou sans issue. Universalité de la complexité économique. Elle pâlit soudain, l’heure de la pause approche…de fourmi, s’asseoir et boire un café au soleil : elle deviendra cigale.


Monique