État d’âme de ce matin :
Les sanglots longs des violons de l’automne bercent man cœur d’une langueur monotone. Depuis toujours il y avait des matins automnaux où je me plaisais à relire ces célèbres vers en ressentant une certaine tristesse. On s’orientait doucement vers la froidure, vers une mort programmée de la nature. Aujourd’hui, en me promenant sur ce chemin dont le peu d’herbe qui lui reste est complètement ratatinée, ce chemin bordé d’arbres qui pleurent, tellement ils ont soif, je me sens prête à accueillir l’automne dans l’allégresse. Je savoure ma chance car nous allons avoir moins chaud et la nature va enfin revivre, certes, peu de temps. Mais ça, elle le sait depuis des millénaires. Je suis sûre que cette courte renaissance, elle la vivra dans la sérénité et l’espérance. Je m’en réjouis.
Je me suis souvenu bizarrement, sans doute à cause de la couleur dupapier peint, d’une soupe de bulot sur le port de Grandville et sous une pluie fine.
Je me suis souvenu étonnamment, à ma grande surprise, de quelque chose de surprenant et d’inattendu, sans doute à cause de la couleur de la tapisserie murale qui me rappelait celle de lacuisine de ma grand-mère, d’une soupe de coquillages que je ramassais à marée basse sur le port de Grandville et sous une pluie fine.
Marie-Claude
Gonfleur de texte
Phrase originale
Sans l’invention de la roue, les coureurs du Tour de France seraient condamnés à porter leur bicyclette sur le dos. Pierre Dac
Phrase gonflée
Sans l’invention de cette pirouette acrobatique voulant dans un effort vain mimer le soleil, les coureurs du Tour de France seraient voués à l’enfer, au pire châtiment céleste ou dans une grande clémence, seraient enfermés entre quatre murs d’une cellule à porter leur machine infernale qui tournoie sans réflexion, dont certains éléments s’abaissent et se relèvent, soumise qu’elle est à la pression tantôt légère, tantôt souffreteuse de pieds tout aussi dépourvu de pensées, à la porter sur le dos.
Joëlle
Écrire c’est,
Ouvrir son univers aux autres. Certains pourraient croire que c’est stupide, que c’est un travail de fêlé ou que vous allez mentir, bavarder sur n’importe quoi, mais non, écrire c’est faire danser, pleurer, faire vivre vos lecteurs comme si vous vouliez les entraîner impétueusement, doucement, joliment dans un rêve à la fois malicieux, original, certainement gourmand, irréel mais avant tout vivant.
Marie-Claude
Écrire c’est un vélo gourmand qui bavarde impétueusement entre les pavés et les éternuements
Écrire c’est un demi pression proéminent qui chante par inadvertance sur les boulevards
Écrire c’est un tabouret pentu qui court joliment au-dessus des chapeaux, lumières des rêves.
Joëlle
Un petit jeu de rentrée
Chaque participant e écrit deux substantifs, deux adjectifs, deux adverbes, deux verbes sans réfléchir, sans thématique.
Nous les mettons en commun, en notes sur nos cahiers.
A partir de ce sac de mots nous allons écrire sur…
Écrire, c’est…
Nous utiliserons le maximum des mots de notre sac selon la forme que nous voulons.
Si nous le souhaitons nous pouvons en plus de la première amorce, ajouter les suivantes au moins deux fois :
J’aime
Peut-être
Quand j’y pense
Nous évitons d’utiliser la comparaison, « comme ».
Les mots tombés du sac
un vélo, un pavé, une moule, un clown, une glace, un rêve, une lumière, une robe, du sucre, un demi-pression un chapeau, un éternuement
proéminent sage fêlé stupide pentu rapide malicieux original blond gourmand amer irréel vivante méchant
fermement activement magnifiquement généreusement sûrement malencontreusement avec soin patiemment document joliment
pousser mentir courir étouffer danser pleurer fuir vivre voler ouvrir calfeutrer