Séquences proposées pour les sections audiovisuelles , lycée
A BOUT DE SOUFFLE - Bande Annonce
Un film de Jean Luc Godard - Avec Jean Paul Belmondo, Jean Seberg,
Henri-jacques Huet, Jean-pierre Melville, Liliane David
L'histoire : Marseille, un mardi matin. Michel Poiccard vole une voiture
de l'U.S. Army et prend la route nationale en direction de Paris.
Énervé par une 2CV qui n'ose pas dépasser un camion, il double en plein
virage et se fait prendre en chasse par un motard. Paniqué, il abat le
motard d'un coup de revolver et s'enfuit. Le lendemain, en arrivant à
Paris, il retrouve la belle Patricia, étudiante américaine qui veut,
pour pouvoir financer ses études à la Sorbonne, vend le New York Herald
Tribune (...)
Version restreinte. cas classique d’un point de vue narratif accompagnant un seul personnage, interdisant au spectateur l’accès à certaines informations : cette rétention du savoir permet une surprise, qui constitue la chute du court-métrage
"Le faux coupable" (vo "The wrong man") - 1956 Ce film se situe, dans la filmographie de Hitchcock, entre "L'homme qui en savait trop" et "Sueurs froides". Comme il aura l'habitude de le faire tout au long des années 60 et 70, c'est Hitchcock en personne qui présente son film dans la bande-annonce. C'est la voix du réalisateur que l'on entend dans le prologue du film. C'est d'ailleurs la seule fois qu'Hitchcock prendra la parole dans un de ses films.
Alfred Hitchcock – Faux coupable (USA, 1957) : la lumière, les ombres tranchées, les cadres, le tournoiement de la caméra traduisent l’angoisse du personnage, alors que l’on reste en point de vue « objectif » ; nous partageons la vision d’un monde tout entier devenu une prison, vision propre au personnage, dont nous sommes proches.
Flaherty – L’homme d’Aran (USA, 1934) : une femme à l’intérieur d’une maison, s’occupant de son bébé ; puis des plans d’une mer forte, déchaînée ; le spectateur peut voir ainsi la pensée de cette femme, préoccupée par le travail de son mari qui affronte les éléments, et partager cette préoccupation, ce qui détermine sa place affective à l’intérieur du monde du film (à moins que ce ne soit l’inverse : le point de vue du mari, qui pense à sa femme, restée à la maison... : autre ancrage possible).
Vittorio de Sica – Le voleur de bicyclette (Italie, 1949) : le vol de la bicyclette est perçu dans le point de vue du fils (point de vue optique, mais surtout point de vue psychique) ; ce choix permet de dramatiser la scène : l’émotion du fils, voyant un père placé en situation d’infériorité, qui n’est plus à même de jouer le rôle de parent protecteur ; l’enfant devient orphelin de l’image symbolique du père ; et effondrement d’un univers familial, dans lequel le père devrait incarner la loi, l’ordre stable, les repères qui aident à s’orienter, à se construire, dans la maîtrise de ses désirs : quel avenir pour cet enfant ? Le film se termine dans cette interrogation, en points de suspension...
Artus de Penguern – Le homard (France, 1995) : le choix pittoresque du point de vue d’un homard ; permet de prendre conscience qu’en restant dans le contrat réaliste, le point de vue ne peut être que celui d’un être animé et conscient ; ici, on sort du cadre du réalisme, et le seul choix du point de vue permet de constituer un être imaginaire, mi-homard, mi-homme, avec son humour propre, ses émotions, ses valeurs, ses compétences (« flagrant délit d’adultère » : compétence juridique ?), sa philosophie de l’existence... ; le spectateur est invité à considérer avec sympathie et amusement cet être qui échappe de peu à la mort.
Trailer: Thomas est Amoureux de Pierre-Paul Renders VOstEN
Narrations subjectives
Pierre Paul Renders – Thomas est amoureux (Belgique / France, 2001) : le personnage n’apparaîtra jamais, si ce n’est comme une silhouette à la toute fin du film ; l’enfermement du personnage dans son agoraphobie, dans son impossibilité d’agir, et dans son monde virtuel, se voit redoublé par l’enfermement dans le choix du point de vue subjectif.
Spike Jonze – Dans la peau de John Malkovitch (USA, 1999) (une jeune femme accède au cerveau de John Malkovitch en train de prendre sa douche ; son regard passe par les orbites des yeux, en amorce, signe du plan subjectif) : Fiche pédagogique Cinéma Parlant - 4 - permet de constater qu’il y a d’abord chez le spectateur un vrai désir de vivre dans la peau d’un autre... surtout s’il s’agit d’une star ! C’est la force du rêve, permis par le cinéma
Optical Point Of View in Lady in the Lake (R. Montgomery 1947)
Narrations subjectives
Robert Montgomery – La dame du lac (USA, 1947) : après un discours introductif du personnage face au spectateur, la caméra prend la place exacte du personnage, et la suite du film se déroule avec ce point de vue subjectif, accompagné de la voix off ; on parle même de caméra subjective (une distinction est parfois établie entre plan subjectif, qui reproduit le regard du personnage, et caméra subjective, qui reproduit en outre les mouvements du corps du personnage) ; les avantages : nous sommes invités à nous mettre à la place du personnage et à vivre son aventure : évasion et oubli de soi en principe garantis ! (cf. les jeux vidéo, les jeux de rôles, les romans « dont vous êtes le héros ») ; la prouesse technique pouvait parfois étonner le spectateur de l’époque ; inconvénients : en bien des cas, il manque le contrechamp ; nous pouvons ressentir ce choix comme un emprisonnement, un carcan là aussi, qui rend difficile l’identification primaire ; et même l’identification au personnage se révèle faible : nous ne pouvons pas nous identifier seulement à un regard ! (autre film fonctionnant de même : Philippe Harel – La femme défendue, France, 1997).
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